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Entendue deux fois en deux jours, Rima Hassan dénonce un "harcèlement judiciaire"
information fournie par AFP 03/04/2026 à 21:04

L'eurodéputée LFI Rima Hassan lors d'une conférence de presse après avoir été entendue par la police judiciaire, le 3 avril 2026 à Paris ( AFP / Blanca CRUZ )

L'eurodéputée LFI Rima Hassan lors d'une conférence de presse après avoir été entendue par la police judiciaire, le 3 avril 2026 à Paris ( AFP / Blanca CRUZ )

L'eurodéputée LFI Rima Hassan a dénoncé un "harcèlement judiciaire" après avoir été entendue par la police vendredi à Paris, dans le cadre d'une enquête différente des soupçons d'"apologie du terrorisme" pour lesquels elle avait déjà été placée la veille en garde à vue.

Lors d'une conférence de presse tenue dans le bureau de son avocat Vincent Brengarth, l'élue de 33 ans a estimé faire "l'objet d'un véritable harcèlement judiciaire et politique en raison et exclusivement en raison de (s)es opinions politiques". Et "la temporalité de cette dynamique de harcèlement a commencé dès mon entrée en politique", a-t-elle déploré.

Jeudi soir, l'eurodéputée était ressortie libre de sa garde à vue dans les locaux de la PJ, avec une convocation le 7 juillet pour être jugée pour "apologie du terrorisme" en raison d'un post publié le 26 mars 2026 sur son compte X, faisant référence à l'auteur d'un attentat anti-israélien.

"Si ce procès doit avoir lieu le 7 juillet, ce sera le procès du siècle en matière d'apologie du terrorisme en raison de l'absence de neutralité sur ces questions des autorités françaises", a prévenu Me Brengarth.

Cet avocat a dénoncé une garde à vue "parfaitement illégale" en raison d'"un dévoiement de la procédure en flagrance par le parquet" pour "contourner" son immunité parlementaire. L'avocat a par ailleurs salué une "première victoire", puisque le parquet a ouvert une enquête pour "violation du secret de l'enquête", au regard des fuites dans la presse.

- "Traces de drogue de synthèse" -

Lors de la fouille de ses effets jeudi, il a été découvert "la présence de matières s'apparentant d'une part à du CBD et d'autre part à de la 3MMC (une drogue de synthèse, NDLR), sur lesquelles elle a été interrogée", avait indiqué le parquet à l'issue de sa garde à vue, ajoutant que "ces éléments (étaient) disjoints et feront l'objet d'une procédure distincte".

"J'avais sur moi du CBD hier en me rendant à ma garde à vue, utilisé à des fins médicales", dit Rima Hassan dans son tweet de vendredi. "Sur les 2 CBD que j'avais, l'un a été testé conforme à ce qui se vend légalement, et le deuxième selon les enquêteurs contenait des traces de drogue de synthèse qui aurait été ajoutée à la résine de CBD", précise-t-elle.

"Beaucoup de fake news ont été relayées par des dizaines de journalistes en l'espace de 24 heures, avant même que je puisse (...) vous répondre", a renchéri l'élue lors de la conférence de presse.

Des analyses complémentaires ont été ordonnées.

- 13 procédures classées -

L'eurodéputée LFI Rima Hassan quitte les locaux de la police judiciaire à Paris, le 3 avril 2026 ( AFP / Blanca CRUZ )

L'eurodéputée LFI Rima Hassan quitte les locaux de la police judiciaire à Paris, le 3 avril 2026 ( AFP / Blanca CRUZ )

"Les deux auditions de ce (vendredi) matin" devant la brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP) sont, elles, liées à une plainte "déposée par l'organisation juive européenne OJE et l'organisation juive française OJF" et une "plainte déposée par le collectif d'extrême droite Némésis", avait fait savoir la députée européenne sur X à la mi-journée.

A l'issue des auditions de vendredi, deux convocations lui ont en outre été délivrées pour une audience devant le tribunal correctionnel le 16 septembre 2026, pour les chefs d'"apologie publique de crime ou délit" et "provocation publique et directe non suivie d'effet à commettre un crime ou un délit", a précisé le parquet dans son communiqué.

Il lui est reproché d'avoir reposté sur un réseau social un article mentionnant que "le Hamas traque un à un les groupes à Gaza qui ont collaboré avec l'armée israélienne" et d'autre part d'avoir reposté des photos où se trouvait un "tag" "Dissoudre Némésis à l'acide". "S'il ne s'agissait pas de Rima Hassan, ces procédures n'existeraient pas", a protesté son avocat.

"À ce jour, Rima Hassan a fait l'objet de 16 procédures clôturées par le pôle national de lutte contre la haine en ligne: 13 procédures ont été classées sans suite", a précisé le parquet de Paris dans un communiqué.

Mais selon le ministère public, Rima Hassan "est également mise en cause dans six autres procédures toujours en cours, soit au parquet, soit confiées à la BRDP".

Le placement en garde à vue de Rima Hassan a suscité une levée de boucliers dans les rangs de LFI. Devenue pendant la campagne des européennes en 2024 la nouvelle idole des militants Insoumis, elle a à plusieurs reprises tenu des propos polémiques sur Israël.

8 commentaires

  • 22:13

    Elle a fait trop de déclarations anti-France, ça suffit.


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